Handicap et emploi : des progrès encore trop insuffisants

, par Emmanuelle

Le bilan 2025 de l’Agefiph confirme une amélioration fragile de l’emploi des personnes en situation de handicap. Mais derrière les chiffres, les difficultés demeurent : un taux de chômage toujours supérieur à celui de la population générale, des parcours d’accès à l’emploi plus longs et des entreprises encore loin de l’obligation légale des 6 %.

personnes handicapées. Avec le recul de l’âge légal de départ à la retraite, le nombre de personnes reconnues handicapées a nettement augmenté : 3,3 millions de personnes avaient ainsi une reconnaissance administrative de leur handicap en 2024 (+ 8 % en un an) d’après la dernière étude emploi de l’Insee. Si l’emploi des personnes en situation de handicap reste difficile, il enregistre une légère embellie : 1,35 million de ces personnes étaient en emploi en 2024, soit un taux d’emploi de 41 %, en hausse de deux points en un an. Ce taux reste toutefois très inférieur à celui de la population générale (69 %).

Un taux de chômage toujours à 12 % Côté chômage, la situation reste difficile aussi. Fin décembre 2025, 519 181 personnes en situation de handicap étaient inscrites à France Travail, soit une augmentation de leur nombre de 1,3 % sur un an, contre + 4,4 % pour les autres catégories de demandeurs d’emploi. Le taux de chômage des personnes handicapées reste stable mais toujours élevé : 12 % en 2024, contre 7 % pour les autres demandeurs d’emploi. Les inégalités perdurent : seuls 32 % des demandeurs d’emploi reconnus handicapés trouvent un emploi dans les six mois suivant leur inscription à France Travail, contre 53 % pour les autres. L’Agefiph rappelle que les demandeurs d’emploi en situation de handicap sont plus âgés et moins qualifiés (35 % ont un faible niveau de qualification, contre 27 % pour les autres demandeurs d’emploi). Il faut améliorer leur niveau de qualification, les amener vers des formations certifiantes et des postes d’encadrement. Cela suppose notamment de redonner des moyens à France Travail et à Cap emploi, réagit Laure Beyret, secrétaire confédérale FO chargée du handicap.

Un tiers des entreprises n’emploient aucun salarié handicapé L’inFO militante L’article que vous êtes en train de lire est tiré de la revue « L’inFO militante », le bimensuel de la confédération Générale du Travail Force Ouvrière.

Consulter les articles Presque quarante ans après la loi du 10 juillet 1987 qui oblige les entreprises (et les administrations) de plus de 20 salariés à embaucher au moins 6 % de travailleurs handicapés, les objectifs ne sont toujours pas atteints. D’après la Dares, en 2024 le taux d’emploi des travailleurs handicapés dans les entreprises était de 5,1 % (+ 0,2 point sur un an), et encore en incluant la majoration accordée aux travailleurs handicapés de plus de 50 ans. Seules 35 % des entreprises assujetties à l’OETH (obligation d’emploi des travailleurs handicapés) atteignaient l’obligation légale des 6 % de travailleurs handicapés. Et 28 % des entreprises n’employaient pas de travailleur handicapé. Il n’est pas normal que 28 % des entreprises n’aient aucun salarié handicapé, alors que les nouvelles technologies permettent aujourd’hui des aménagements de poste assez remarquables, déplore Laure Beyret. La secrétaire confédérale rappelle l’opposition de FO aux accords agréés, qui permettent à une entreprise ne respectant pas son obligation d’emploi de s’exonérer pendant trois ans de sa contribution financière à l’Agefiph, moyennant des engagements à améliorer l’emploi des travailleurs handicapés. On sait que ces plans d’action ne donnent rien. Il serait préférable que l’Agefiph reçoive ces contributions. Financements qui ensuite seraient dirigés vers des entreprises qui souhaitent embaucher des travailleurs handicapés. FO souhaite aussi que soit augmenté à 7 % le taux obligatoire d’emploi, afin qu’il soit réellement représentatif de la population handicapée actuelle. Réflexion durant 5s

Voici une proposition d’article prêt à publier pour le site :

Handicap et emploi : des progrès encore trop insuffisants

Descriptif rapide : L’emploi des travailleurs en situation de handicap progresse légèrement, mais le chômage reste élevé et trop d’entreprises ne respectent toujours pas leurs obligations.

Chapeau : Le bilan 2025 de l’Agefiph confirme une amélioration fragile de l’emploi des personnes en situation de handicap. Mais derrière les chiffres, les difficultés demeurent : un taux de chômage toujours supérieur à celui de la population générale, des parcours d’accès à l’emploi plus longs et des entreprises encore loin de l’obligation légale des 6 %.

Texte : L’emploi des personnes en situation de handicap connaît une légère amélioration, mais la situation reste préoccupante. Selon le tableau de bord 2025 de l’Agefiph, présenté le 19 mai, 1,35 million de personnes reconnues handicapées étaient en emploi en 2024, soit un taux d’emploi de 41 %. Ce chiffre progresse de deux points en un an, mais reste très inférieur au taux d’emploi de la population générale, qui atteint 69 %.

Cette évolution intervient dans un contexte où le nombre de personnes bénéficiant d’une reconnaissance administrative de leur handicap augmente fortement. En 2024, elles étaient 3,3 millions, soit une hausse de 8 % en un an. Le recul de l’âge légal de départ à la retraite contribue notamment à cette progression.

Pour autant, l’accès à l’emploi demeure difficile. Le taux de chômage des personnes en situation de handicap reste stable, mais élevé : 12 %, contre 7 % pour les autres demandeurs d’emploi. Fin décembre, 519 181 personnes reconnues handicapées étaient inscrites à France Travail. Les inégalités sont nettes : seuls 32 % des demandeurs d’emploi handicapés retrouvent un emploi dans les six mois suivant leur inscription, contre 53 % pour les autres publics.

Ces difficultés s’expliquent aussi par des freins persistants liés à l’âge, au niveau de qualification et à l’accès à la formation. Pour FO, il est indispensable de renforcer les moyens de France Travail et de Cap emploi, afin d’accompagner réellement les personnes concernées vers des formations certifiantes, des emplois durables et des postes à responsabilité.

Près de quarante ans après la loi du 10 juillet 1987, qui impose aux entreprises et administrations de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de travailleurs handicapés, les objectifs ne sont toujours pas atteints. D’après la Dares, le taux d’emploi dans les entreprises s’élevait à 5,1 % en 2024. Seules 35 % des entreprises soumises à l’obligation d’emploi atteignent le seuil légal des 6 %. Plus inquiétant encore, 28 % des entreprises n’emploient aucun salarié en situation de handicap.

Pour FO, cette situation n’est pas acceptable. Les possibilités d’aménagement de poste, notamment grâce aux nouvelles technologies, permettent aujourd’hui de favoriser l’inclusion professionnelle dans de nombreuses situations. Encore faut-il que les entreprises prennent pleinement leurs responsabilités.

FO rappelle également son opposition aux accords agréés, qui permettent à certaines entreprises ne respectant pas leur obligation d’emploi de s’exonérer temporairement de leur contribution financière à l’Agefiph, en échange d’engagements internes. Pour FO, ces contributions devraient revenir à l’Agefiph afin de soutenir concrètement les entreprises qui souhaitent réellement embaucher des travailleurs en situation de handicap.

L’amélioration de l’emploi des personnes handicapées ne peut pas reposer sur de simples intentions. Elle exige des moyens, des obligations renforcées et un engagement réel des employeurs. FO revendique notamment le relèvement du taux obligatoire d’emploi à 7 %, afin qu’il soit davantage représentatif de la population concernée aujourd’hui.

Voir en ligne : https://www.force-ouvriere.fr/handi...