Retraites des agents en catégories actives : une suspension qui ne règle pas tout

, par Emmanuelle

Un décret publié le 7 mai 2026 précise les nouvelles règles applicables à compter du 1er septembre 2026 pour les agents de la Fonction publique exposés à des conditions de travail pénibles. Si certains départs anticipés sont temporairement préservés, FO rappelle que suspendre la réforme des retraites ne signifie pas l’abroger.

La suspension de la réforme des retraites de 2023, actée dans la Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, a des conséquences pour les agents de la Fonction publique exerçant des métiers reconnus comme pénibles. Un décret publié le 7 mai 2026 vient préciser les règles applicables aux agents relevant des catégories dites actives et super actives à compter du 1er septembre 2026.

Dans la Fonction publique, certains métiers bénéficient d’un régime particulier en raison de leur pénibilité. Les emplois classés en catégorie active concernent des fonctions exposant les agents à des risques particuliers ou à des fatigues exceptionnelles. Les catégories super actives regroupent, elles, des métiers encore plus éprouvants, marqués notamment par la dangerosité, l’insalubrité ou une pénibilité renforcée.

Ces classifications permettent aux agents concernés de partir à la retraite plus tôt que dans le droit commun. La réforme des retraites de 2023 prévoyait toutefois un recul progressif de ces âges de départ anticipé.

Pour les agents en catégorie active, l’âge de départ devait progressivement passer de 57 à 59 ans selon les générations. Avec la suspension de la réforme, certains agents bénéficient temporairement de conditions plus favorables. Les assurés nés entre le 1er janvier 1969 et le 31 mars 1970 pourront ainsi partir à 57 ans et 9 mois. Pour les générations nées à partir du 1er avril 1970, l’âge de départ repartira ensuite progressivement à la hausse, à raison de trois mois supplémentaires par année denaissance.

La condition de durée de services, elle, reste inchangée. Les agents devront toujours justifier de 17 ans de services en catégorie active pour bénéficier d’un départ anticipé. Depuis le 1er janvier 2024, les années effectuées comme contractuel peuvent également être prises en compte, dans la limite de 10 ans avant titularisation, comme services actifs.

Les agents relevant des catégories super actives sont également concernés par ces évolutions. La réforme de 2023 prévoyait un relèvement de l’âge de départ de 52 à 54 ans pour les générations nées à partir de septembre 1971. Là encore, la suspension vient modifier temporairement le calendrier applicable.

Pour autant, certaines règles demeurent inchangées. Les conditions de services exigées restent fixées à 12 ans pour les emplois insalubres et à 32 ans pour certaines fonctions relevant des catégories super actives.

Pour Force Ouvrière, cette suspension ne saurait être présentée comme une victoire suffisante. Suspendre n’est pas abroger. FO continue de revendiquer l’abrogation de la réforme des retraites de 2023, une réforme injuste, brutale et injustifiée, qui pénalise lourdement les salariés comme les agents publics.

Pour les fonctionnaires concernés, les règles restent donc mouvantes. Leur départ à la retraite dépendra à la fois de leur année de naissance, de leur parcours professionnel, mais aussi des prochains arbitrages politiques. FO restera pleinement mobilisée pour défendre les droits des agents exposés à la pénibilité et pour obtenir le retrait définitif de cette réforme.

Voir en ligne : https://www.force-ouvriere.fr/retra...